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La préparation de la laine

Les artisanes tunisiennes et marocaines utilisent de la laine de mouton pour la fabrication de leurs tapis. La laine se teint facilement et permet la création de tous types de tapis. De nombreuses artisanes réalisent toujours l'ensemble du travail à la main, de la tonte de la laine au tissage, en passant par le tri de la laine, le lavage, le cadrage et la filature. Le travail artisanal de la laine est exclusivement féminin, en Tunisie comme au Maroc.

La préparation de la laine brute

Dans un premier temps, la tisseuse tunisienne ou marocaine prépare la laine brute qui est débarrassée de ses impuretés telles que les morceaux de pailles ou les saletés, puis étendue au soleil.


Laine brute.

Le nettoyage de la laine

Dans un second temps, la tisseuse lave la laine afin de la dégraisser et d’en éliminer le suint en la trempant dans de l’eau mélangée à de l’argile, puis la tape avec une planche en bois ou une branche de palmier. La laine est ensuite rincée abondement à l’eau. En général, cela se passe durant les soirées d’été dans des cours d’eau ou des sources d’eau naturelles. C’est une occasion de fête pour les femmes qui organisent des soirées en lavant la laine à tour de rôle. La laine est ensuite bien nettoyée tant qu’elle est humide, égouttée, puis séchée au soleil.


Femmes Qashqhaï nomades lavant la laine. Sarab-e Bahram, région de Noorabad, Fars, Iran, avril 2007.

Le tri de la laine

Les tisseuses procèdent ensuite au tri de la laine en fonction de la couleur, de la finesse et de l’âge du mouton. Cela déterminera en effet la finalité de l’utilisation de la laine. Si la laine est fine et blanche, elle sera utilisée pour la fabrication de jebbas (jellabas) ou barnous (long manteau de laine à capuche et sans manche), ou pour des couvertures destinées aux trousseaux de jeunes filles. La laine plus épaisse sera utilisée pour la confection des tapis.


Préparation de la laine pour les tapis à Kairouan (Tunisie), Georges-Louis Arlaud, vers 1925

Le peignage de la laine

La laine est ensuite mélangée et peignée afin d’obtenir une couleur homogène et de la rendre plus souple, plus douce et plus facile à travailler. Les femmes utilisent pour cela un peigne en fer appelé « mchot ».


Le Mchot est souvent représenté sous forme de motifs sur les tapis berbères.

Le cardage de la laine

Le cardage de la laine se fait ensuite manuellement. Il s’agit d’une étape nécessaire pour préparer la laine au filage. Il existe alors deux modes de cardage en fonction de ce à quoi le fil est destiné. Si l’on souhaite obtenir des rouleaux de laine fine, les femmes font passer la laine entre deux plaques de bois pourvues de plusieurs rangées d’aiguilles en fer. Si l’on souhaite obtenir une mèche parfaitement lisse nommée « bous », la laine est peignée sur une planche en bois au bout de laquelle sont fixées deux rangées d’aiguilles en fer. Cette opération est cependant réservée aux femmes les plus expérimentées.


Même processus de cardage chez les Indiens Navajos, Southern Navajo Agency, 1933.

Le filage de la laine

Les femmes procèdent ensuite au filage de la laine. Il existe deux modes de filage, différents pour les fils de chaîne ou de trame. La laine destinée au tissage est préparée en petits rouleaux puis tirée tout en formant des rotations à l’aide d’une quenouille appelée « maghzel ». Le diamètre du fil est défini en fonction du produit à tisser. Les fils de laine fins sont destinés à la confection des habits (jebba ou barnous), les fils de laine moyens pour les couvertures, et les plus épais pour les tapis. La laine destinée aux fils de trame est filée avec un autre type de maghzel qui transforme la laine en fil assez fin qui sera tendu sur le métier à tisser. 


Reconstitution du travail de la laine à Djerba, Tunisie. Sur la gauche, une femme filant la laine.

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